Retour sur l’événement AFCI « Ecouter les salariés pour comprendre, les comprendre pour agir »

Le 6 juillet, j’intervenais au côté de Luc Vidal de Inergie Conseil en introduction d’une des demi-journées de l’Association Française de Communication Interne, sur le thème « Ecouter les salariés pour comprendre, les comprendre pour agir ». Modeli était invité à participer en raison de notre positionnement fort sur la nécessité de comprendre avant d’agir, et la démarche de diagnostic que nous proposons pour répondre à ce besoin.

Voici, en guise de compte-rendu de cette matinée, les notes - remaniées et légèrement développées – qui avaient servi de base à mes réponses lors de cet exercice d’interview croisée. On n’y trouvera que mes propos, ce qui ne représente qu’une toute petite partie de ce qui a été dit lors de cette matinée très riche.

Les interventions et les échanges de cet événement, malgré toute leur qualité, n’ont évidemment pas permis d’épuiser le thème de l’écoute, et il y aurait encore beaucoup à dire sur ce sujet. Cela tombe bien, le 3e forum de l’AFCI traite d’une thématique connexe, puisqu’on y parlera de la proximité en entreprise. Rendez-vous donc le 4 octobre 2012 ! Lire la suite

Pour que la DSI soit « Agile », faut-il que la DRH soit souple ?

Agilesse & Soupleté

(Entendu après une conférence sur l’implémentation de Scrum au sein d’une DSI)
[Auditoire]- Comment avez-vous collaboré avec la DRH lors de la mise en place de la  méthode ?
[DSI]- la DRH ? En quoi ça la concerne ? On ne les a pas vus !

L’engouement pour les méthodes agiles conduit à leur adoption de plus en plus rapide dans les Directions des Systèmes d’Information. Ces changements de méthodologie semblent relever de la cuisine interne des informaticiens, et n’ont apparemment aucune raison d’impacter la Direction Ressources Humaines.

Pourtant, tout changement, pour s’inscrire durablement, sollicite des aspects de management pilotés par les processus RH. Cependant, il ne s’agit pas de la principale raison pour laquelle les RH devraient être impliqués dans l’adoption de l’agilité : les pratiques agiles révolutionnent certaines pratiques RH de la même façon, pragmatique et empirique, qu’elles bousculent la culture de l’organisation où elles sont implantées. Lire la suite

La dette technique, fait social

L’image de la dette est une métaphore efficace pour traiter de l’inertie et de l’entropie dans les organisations. Dans un précédent billet, nous avions présenté le concept de la dette technique de Ward Cunningham, puis, dans un second billet, nous l’avions étendu à des aspects organisationnels. Si la dette technique est la représentation abstraite de l’accumulation des raccourcis pris par les équipes au cours des projets, la dette organisationnelle, de façon similaire, est la visualisation de l’ensemble des règles mal implantées. Examinons maintenant les liens entre ces deux aspects de l’entropie. Lire la suite

Un roman : CLEER – L.L. Kloetzer

CLEER, une fantaisie corporate

Rentrée littéraire oblige, ce billet quitte la théorie des organisations ou l’informatique pour faire un détour par la littérature. Il propose la première, mais probablement pas dernière, critique de roman sur notre blog : la fiction contribuant à notre compréhension du monde, l’idée est de mettre en lumière les oeuvres qui sont liées à nos centres d’intérêt professionnels, ceux que nous partageons ici avec vous. La science-fiction, dans ses démarches de réflexion prospective ou de critique des utopies, est évidemment le genre idéal, mais ce ne sera pas le seul où nous nous cantonnerons.

Dans cette optique, nous ne pouvions mieux commencer qu’avec CLEER, un roman de Laure et Laurent (L.L.) Kloetzer sur le monde de la grande entreprise et du consulting, à l’approche résolument originale. Ce roman présente une multinationale, CLEER, par le biais d’une succession de projets auxquels contribuent deux jeunes auditeurs internes tout juste recrutés dans l’élitiste division « Cohésion Interne ».

Lire la suite

L’organisation endettée

Quel que soit le système, l’accumulation de la dette finir par tout paralyser

La dette technique, métaphore créée par Ward Cunningham en 1992, avait déjà fait l’objet d’un billet sur notre blog : « Je prendrai une fonctionnalité en plus et un brin de désendettement« . Rappelons juste qu’il s’agit du passif accumulé lors des projets informatiques, par tous les raccourcis pris par les équipes, et qui pèse de plus en plus sur les nouveaux développements. C’est un sujet en vogue, que ce soit dans la communauté agile ou dans celle du management de projet traditionnel. Mais ce raisonnement par analogie peut être transposé à d’autres domaines.

Lire la suite

Modèles et Signes

Représentation simplifiée du processus de thermorégulation

Les projets de modélisation sont souvent lourds, longs, et décevants. Lourds, car ils nécessitent beaucoup d’efforts et impliquent beaucoup de personnes; longs, parce que, qu’il s’agisse de partir de l’existant ou de bâtir un nouveau modèle, le processus de modélisation passe par de nombreux tâtonnements; décevants, parce que le résultat, même validé, peine à produire le résultat escompté.

 

Mais est-ce parce que la modélisation ne produit pas assez, ou parce que l’on en attend trop ?

Lire la suite

Du changement au mouvement

Supernova

Une "vraie" modélisation du changement ?

Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement

- Francis Blanche

Le changement, nous le vivons tous, partout, dans nos vies personnelles comme professionnelles. Il reste pourtant difficile à analyser, et encore plus à définir. Cela n’empêche pas pour autant les méthodes, techniques, et préceptes d’accompagnement du changement de fleurir. Quelle est alors, en l’absence de définitions claires et partagées, la validité de ces approches ? Et la conception du changement, même floue, qui est de mise est-elle vraiment la seule possible ?

Lire la suite

Abaque… adabra : mon projet a été marabouté !

Otobos le Chef de projet - Marabout

Puisqu’on est vendredi, à quelques minutes du week-end, j’inaugure une nouvelle rubrique. La magopinaciophilie, c’est le passe-temps consistant à collectionner des flyers de marabout. Qu’est-ce que ça donne si on applique les règles de construction de tels prospectus à un CV de chef de projet ? Hé bien, le flyer ci-contre !
Ce billet est dédicacé à tous les chefs de projet, directeurs de projet, PMO, et autres, qui se sont au moins une fois fait la réflexion que des dons de voyance extralucide les aideraient bien dans leur quotidien.

NB : le prospectus existe en version anglaise ici.

Regarder en arrière : mettre en place des rétrospectives et bilans de projet

Du danger de regarder en arrière : l'exemple de la femme de Loth

Nous constatons tous régulièrement combien il est difficile, dans toute activité de projet, de faire de véritables bilans, post-mortem, ou rétrospectives. Quand le projet s’achève et que le moment est venu de le clore, le bilan produit, s’il en existe, est trop souvent minimaliste, voire une simple formalité. Et ce quelle que soit la méthodologie projet choisie. D’où vient cette réticence à prendre le temps de se poser, de regarder en arrière ? Aurions-nous peur d’être changé en statue de sel si nous le faisons ? Il peut être utile de s’interroger sur les raisons profondes qui nous empêchent de le faire.

Lire la suite

Dette technique : « Je prendrai une fonctionnalité en plus et un brin de désendettement … »

Voici ce qui peut être l’extrait d’un dialogue entre un client et le directeur de projet d’un fournisseur de services informatiques

Le client: Ma direction métier me demande de rendre mon SI adaptable à une nouvelle fonctionnalité « X ». En combien de jours pensez-vous pouvoir me la rendre disponible ?
Le directeur de Projet : Euh je ne sais pas, mais çeci ne m’a pas l’air du tout simple comme fonctionnalité, cela risque d’être cher…
Le client : Comment çà cher, vous m’aviez pourtant vendu que la SOA permettait justement de s’adapter facilement à un contexte économique changeant. Je peux vous ressortir votre réponse à mon appel d’offres si vous voulez.
Le directeur de Projet (sentant monter la nécessité d’une argumentation plus convaincante mais qu’il sait par avance hasardeuse) : Enfin oui, mais il faut compter le coût des différents tests (unitaires, intégration, non-régression, etc ..). En plus il existe un coût d’entrée incompressible dû à la « courbe de corrélation de l’apprentissage et des charges implicites et systémiques induites… »
Le client (essayant difficilement de refaire le fil de l’argument précédent) : Vous m’aviez dit quelque chose de similaire la dernière fois et bien qu’ayant mis le prix, mon SI n’est toujours pas aligné avec mon besoin métier.
Le directeur de Projet (forcé d’écourter la discussion): Vous ne préféreriez pas qu’on discute de tous ces points en réunion, nous aurons plus d’éléments concrets ….

Ce type de dialogue est symptômatique d’un système d’information sclérosé, très peu enclin à évoluer et dont le coût de la moindre modification devient prohibitif.

En d’autres termes, le système d’information a encaissé tout au long de sa vie, une entropie (au sens thermodynamique du terme signifiant « désordre ») croissante ayant paralysé son évolutivité et son adaptabilité. Cette entropie est le fruit du renoncement de la qualité de code au profit de la productivité. Or la qualité devra de toute façon être payée un jour, et certainement avec des intérêts, d’où le terme de « dette technique ».
Autant, tout développeur ayant écrit au moins une ligne de code dans sa vie concevra certainement très facilement cette notion, autant celle-ci reste complètement ignorée des directions de systèmes d’information qui en sont cependant les principales victimes.

Pour bien saisir le sens profond de cette métaphore, il est utile d’établir le parallèle avec l’endettement financier.

Lire la suite