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Modèles et Signes


Les projets de modélisation sont souvent lourds, longs, et décevants. Lourds, car ils nécessitent beaucoup d'efforts et impliquent beaucoup de personnes; longs, parce que, qu'il s'agisse de partir de l'existant ou de bâtir un nouveau modèle, le processus de modélisation passe par de nombreux tâtonnements; décevants, parce que le résultat, même validé, peine à produire le résultat escompté.

Mais est-ce parce que la modélisation ne produit pas assez, ou parce que l'on en attend trop ?

Pourquoi modéliser ?

La plupart des projets sur lesquels nous sommes amenés à travailler reposent sur une modélisation, c'est-à-dire une représentation abstraite du monde réel ou futur. Qu'il s'agisse d'architecture informatique, de reengineering des processus, de refontes organisationnelles, cette modélisation est une étape indispensable, car elle définit le livrable final (et participe donc du "Definition of Done"). Dans certains cas - urbanisation, approche processus - elle prend la forme d'une représentation graphique, souvent réalisée avec un logiciel de modélisation (Mega, Aris, Casewise, ...). Qu'il s'agisse de partage d'information, de compréhension, de formation, le modèle est avant toute autre chose un moyen de communiquer.

Éléments de sémiotique

Puisqu'il sert à communiquer, le modèle est donc un signe, c'est-à-dire un moyen de compréhension. Pour mieux comprendre ses fonctions et ses attributs, il est intéressant de familiariser avec la sémiologie (ou sémiotique), et notamment avec les concepts opératoires des pères fondateurs de la discipline.

En France, on connaît principalement Ferdinand de Saussure, et son analyse du signe en deux composants complémentaires : le signifiant, et le signifié. Cette dyade se retrouverait dans le lien entre le processus existant et le processus modélisé. Cependant, il nous paraît plus intéressant d'utiliser l'approche de Charles Peirce, moins connu en France, dont le modèle basé sur une triade permet de faire apparaître un troisième élément.

Pour qu'il puisse remplir sa fonction de  signe, un representamen (ou signifiant) doit être relié à un objet à interpréter et générer un interprétant (ou signifié). Ces relations composent le processus de la sémiologie.

Si l'on transpose cette approche à une analyse de processus, on aurait :

  • L'objet : le processus de vente tel qu'il est pratiqué par les vendeurs
  • Le representamen : le processus de vente tel qu'il est représenté sur le papier
  • L'interprétant : le processus de vente tel qu'il est conçu par celui qui en discute. Cet interprétant est donc totalement subjectif, et on en trouve autant dans une organisation, qu'il y a d'acteurs. Le passage du representamen à l'interprétant, du signifiant au signifié, est le processus cognitif.

A cette analyse synchronique s'ajoute une analyse diachronique : toutes les pointes du triangle sont susceptibles d'évoluer dans le temps :

  • le processus tel qu'il est pratiqué peut changer;
  • le processus tel qu'il est décrit peut être modifié;
  • le processus tel qu'on se le représente peut évoluer.

Sémantique et Pragmatique

L'enjeu d'un projet de modélisation est souvent double : il s'agit d'un projet sémantique, si l'on travaille sur la relation entre le representamen, la modélisation, et l'objet, le processus réel. Le but sera ici de rapprocher le modèle de la réalité, s'il s'en est écarté avec le temps, ou de la représenter, si la modélisation démarre d'une table rase.

A l'inverse, s'il s'agit de travailler sur les différentes conceptions du processus, la modélisation servira à unifier les interprétants. On parle ici de projet pragmatique, selon le nom de la branche de la linguistique qui s'intéresse à la compréhension des signes en fonction de leur contexte.

De ces deux objectifs, l'aspect sémantique est souvent le plus apparent, celui auquel on consacre le plus d'effort. Ateliers de modélisation, séances de validation, etc. Il ne faut pas cependant perdre de vue que l'on ne pourra jamais superposer de façon identique signifiant et signifié, et que, de ce point de vue, le processus modélisé sera toujours faux : "Essentially, all models are wrong but some are useful", selon le statisticien George Box

Cependant, la véritable difficulté du projet de modélisation réside dans son aspect pragmatique. Il s'agit ici de rapprocher les interprétants des différents interlocuteurs, par exemple le processus de vente tel qu'imaginé par le management, du processus de vente tel que perçu par le commerce. Cette difficulté n'est souvent pas appréhendée, car le lien entre le representamen et l'interprétant n'est pas perçu. Il convient donc de le faire apparaître dès le lancement du projet. Nous aurons l'occasion de revenir sur les façons d'y parvenir.

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